Editions de La Pierre Verte

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WC et toilettes sèches

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WHAT'S THE QUESTION ? 

"Comment vas-tu ?", une petite interjection anodine qui s'enquiert de la santé. Cette phrase est une version résumée de l'originale qui s'intéressait explicitement à la défécation. Au départ, c'était "comment vas-tu à la selle ?" On était moins pudibon aux siècles passés : "Et bien, je vais ferme, d'une seule poussée et d'un beau brun lisse pailleté ! "Comment vas-tu ?", cette question banale que nous répétons à tout-va, véritable tic relationnel, épouillage verbal, est issue au départ de l'interrogatoire classique du médecin. Et le patient était content que tout aille bien pour lui au cabinet, et ailleurs par extension. Il s'agissait alors de la santé des individus, mais le "comment vas-tu ?" d'aujourd'hui prend un sens nouveau, relatif cette fois à la santé de la planète tout entière. Dis-moi comment tu vas et je te dirai comment tu pollues. Dis-moi quel type de toilettes est installé chez toi et je te dirai si tu vis en bonne écologie ou si tu participes au gâchis d'eau et de fertilisants auquel on nous oblige tous, et pratiquement de force.

Il faut reconnaître que la question du traitement de nos excréments n'est pas simple à résoudre. Tout le mal en ce domaine vient de l'habitude récente que nous avons prise de les mélanger avec l'eau. Une initiative pétrie de modernité, des cabinets de WC si propres et inodores que l'on peut maintenant en mettre dans chaque logement, très pratique pour les barres d'immeubles, et tout ça grâce à la chasse d'eau et au tout-à-l'égout. Finies les latrines douteuses, finis les pots de chambre vidés par la fenêtre, un usage encore répandu à Paris à la fin du dix-neuvième siècle. Le water-closet est, comme son nom l'indique, une invention anglaise qui a transformé nos habitations et nos coutumes. Elle a aussi brisé le cycle biologique de base, privant nos terres d'un engrais naturel, gratuit et parfait. De plus, comme nous l'avons vu, l'utilisation de l'eau pour la propreté des toilettes mobilise des ressources et des moyens totalement disproportionnés au but poursuivi.

Le temps n'est plus à l'eau gratuite et abondante. Il faudrait que le gâchis cesse, il faudrait revenir, non pas à la bougie ni au cabanon dans le jardin au-dessus d'un simple trou, avec ses mouches, son humidité et ses parfums acres, mais aux toilettes sans eau, aux without-water-closets, les wwc. Si une seule chose pouvait changer dans nos modes de vie , j'espère que ce soit l'adoption par mes lecteurs de toilettes sans eau chez eux. Car, avec ce changement, c'est toute la chaîne de l'eau qui serait transformée. Évidemment, ce n'est pas du tout de l'intérêt de Vivendi et de ses congénères, et c'est pourquoi ce sujet reste tabou, inconnu dans les médias qui, justement, leur appartiennent. Vous vous rendez compte ? Des toilettes sèches, c'est trente pour cent d'eau en moins et leur pompe à fric qui se désamorce ! Alors, on n'en parle pas, vu ? Ça n'existe pas, disparu des étagères. Quelle alternative ? Pour quoi faire ? Je ne vous entends pas. Allons Simone, candidat suivant…

Si tout "va bien", nous produisons généralement 200 grammes d'excréments solides par personne et par jour, soit soixante-dix kilos par an. Pour l'urine, c'est plus d'un litre par jour, soit près de 450 kilos par an. Les quantités masculines sont nettement supérieures aux féminines. D'après des études sérieuses, la crotte de bourgeois est plus riche que celle de l'ouvrier. Le saviez-vous ? Une fois déshydratée, notre urine expulse plus de matières solides que nos selles. Dans un tas de compost en cours de décomposition et de séchage, nos excréments annuels occupent un volume de deux cents litres environ.

Mais avec le système chasse d'eau et tout-à-l'égout généralisé, cela fait un total national de 80.000 tonnes d'excréments par jour à traiter, accompagnés d'un 1,7 million de mètres cubes d'eau. Tous les jours, un 1,7 millions de tonnes d'eau potable pour nos déjections ! Dans ces eaux brunes, 5% de déjections et plus de 95% pour cent d'eau propre, à laver de nouveau. De plus, ces eaux brunes sont mêlées aux autres eaux usées qui contiennent souvent des produits toxiques, si bien que les boues d'épuration résultantes ne peuvent pas être épandues dans les champs sans disperser ces produits toxiques avec elles, alors que les excréments seuls sont au départ d'excellents fertilisants. Après épuration, l'eau utilisée pour évacuer nos crottes part à la rivière dans laquelle elle est repompée ensuite en aval pour traitement et distribution à la ville suivante. Vous imaginez ça ?


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- "La pratique des toilettes sèches"

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