Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Chauffage bois par accumulation
Les poêles à accumulation (ou Kachelhofen ou poêles autrichiens ou alsaciens, finlandais ou russes) sont construits en briques ou en pierre, la stéatite, capables de stocker beaucoup de chaleur. Depuis une vingtaine d'années, on en construit en béton spécial ou on en bâtit en dur, au coup par coup, en s'inscrivant dans la construction générale de la maison.
 
Leur principe est simple : stocker toutes les calories possibles. Outre une combustion parfaite du bois due à la longueur des flammes, à une double entrée d'air, à une température de foyer élevée (huit cents degrés) qui brûle tout, les poêles à accumulation disposent de longs circuits intérieurs pour l'évacuation des fumées, ce qui les ramène à la sortie à moins de deux cents degrés. Toutes les calories restent donc dans le poêle qui peut peser de une tonne au minimum à dix tonnes et plus. De ces particularités découle un fonctionnement spécial : le feu est allumé pour une flambée intense, en général une fois par jour, si intense que les braises sont quelquefois blanches de lumière et que l'on voit le bois fondre sans s'écrouler, en se rétractant sur lui-même. Impressionnant !

L'utilisation de bûches ou de briquettes de bois compressé donne le meilleur résultat. Le feu s'éteint normalement au bout d'une ou deux heures, et on ferme alors le clapet de sortie des fumées. Il a été si vif qu'il ne subsiste aucune cendre, aucun gaz imbrûlé, même pas de goudron ou de suie autour du foyer ou sur la vitre, toujours propres même après dix années d'utilisation. Chaque flambée est autonettoyante par sa température élevée et, de là-même, les rejets dans l'atmosphère sont limités, ce qui fait des poêles à accumulation le moins polluant des systèmes de chauffage (bilan CO2 excellent puisqu'on consomme du bois sans rejeter grand-chose).

L'inertie du poêle fait que la chaleur va petit à petit se diffuser doucement dans la pièce pendant deux ou trois tours d'horloge (avec un masse de dix tonnes, la restitution de la chaleur peut couvrir une bonne semaine). Lorsque le poêle commence à rayonner (car il rayonne), le feu étant étient, il est alors possible pour les gourmands de s'en servir comme d'un four. Pains, pizzas, tartes, rôtis, gratins y trouvent les conditions idéales de cuisson, proches de celles d'un four à pain classique.

Mais ce n'est pas l'essentiel, parlons donc encore du confort thermique. Comme la chaleur est répartie dans les parois du poêle, celles-ci sont bien chaudes mais pas brûlantes. Rien n'est plus agréable que d'y adjoindre une banquette et de s'y adosser avec un bouquin. "Auprès de mon poêle, je vivais heureux…" aurait chanté Georges Brassens. Car, en effet, le principal avantage d'un poêle à accumulation réside dans la qualité de sa chaleur. C'est le système qui donne le plus de rayonnement et le moins de convection. Même à une température de la pièce encore un peu basse, seize degrés par exemple, on ressent une agréable impression de chaleur comme lorsque l'on s'expose aux rayons directs du soleil ou aux braises d'un foyer. Le rayonnement chaud, contrairement à l'air chaud, est capable de se stocker directement dans les meubles, le sol et les murs. L'air qui n'est pas brassé, reste sain, exempt de poussières, acariens et autres allergènes courants. Ce type de chaleur radiante est par ailleurs très efficace pour le séchage du linge. Si l'on n'étend pas sa lessive dehors en hiver, le poêle à accumulation devient un réel allié quotidien puisqu'il est capable de sécher un kimono de judo ou une couette dans la nuit.

Parlons enfin de la consommation habituelle de ce mode de chauffage. Étant donné que presque toutes les calories sont captées, le rendement de la combustion du bois atteint les quatre-vingt-dix pour cent et plus, ce qui abaisse encore le prix du kilowatt/heure du bois, de toute façon déjà bien placé. Selon le poêle et la maison on obtiendra des résultat différents mais je peux citer l'exemple de plusieurs personnes ayant fait installer des poêles à accumulation d'une tonne par un fabricant artisanal spécialisé. Ces poêles trônent dans de grandes pièces à vivre car, dans un couloir, on ne peut plus profiter autant de leur rayonnement direct. Dans les conditions adéquates et au sud de la Loire, avec deux poêles à accumulation bien placés, le coût du chauffage d'une maison ancienne moyennement isolée sera normalement contenu sous les sept cents euros par hiver, ce qui est très bien placé. Dans une maison bien et récemment isolée, la dépense tombera en dessous de cent cinquante euros par hiver, soit moins de deux tonnes de bois bien sec.

François Tanguay écrit dans son Petit Manuel de l'Habitat Bioclimatique : "Je ne crois pas que l'on puisse faire mieux que les poêles de masse. Tout y est : combustion intégrale sur feu intense, beauté, chaleur douce, four à pain qu'on peut y incorporer, cuisinière même ! De plus, il s'agit d'un meuble, d'une âme, beaucoup plus que d'un objet."
 
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