Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Qualité de l'air

Arrivera-t-il à l'air ce qui est arrivé à l'eau ? Y aura-t-il des compagnies de distribution de l'air, n'en manquant pas c'est sûr, qui soient assez gonflées pour instaurer un racket de l'air en nous vendant du vent ? On peut le craindre. On y pense tant, au vu de l'évolution de notre société, que ça finira par paraître acceptable et que ça pourra arriver, petit à petit, en catimini.

D'un autre côté, on peut imaginer qu'il en sera comme de la bombe atomique : un équilibre de la terreur. Nos décideurs et responsables seraient tout aussi touchés que nous par les conséquences. L'enrichissement de certains ne les met plus à l'abri de tous les problèmes et, pour les pollutions atmosphériques, riches et pauvres sont concernés à égalité, tous menacés par le même danger.

Les pollutions se dispersent, passent les frontières, circulent rapidement. Ainsi, dans l'hémisphère Nord, l'air circulant majoritairement d'ouest en est, ou plutôt la Terre tournant d'est en ouest dans sa fine coquille d'air, les pollutions atmosphériques suivent le même chemin. Les riches ont d'ailleurs souvent construit les beaux quartiers à l'ouest des villes, pour éviter de vivre sous le vent des fumées et rejets. Quant à la Scandinavie, elle se plaint des fumées anglaises.

Il est à espérer que la lutte contre la pollution de l'air devienne une cause commune à toute l'humanité. Car, entre le scénario de l'air payant et celui de sa gestion humaniste et collective, l'histoire démontre notre propension à pencher du mauvais côté. Et il est vrai que quand nous voudrons nettoyer l'air, il sera facile de démontrer que, la pollution se répandant partout, la seule solution immédiate pour faire face à ce qui sera devenu un fléau, restera la filtration de nos airs intérieurs, dans les maisons, les transports, les bâtiments publics, ainsi que le nécessaire port d'un masque dans la rue. Comme actuellement au Japon, des bornes d'air pur payant seront installées dans les rues et les riches se feront livrer des bonbonnes pour alimenter leur résidence. Ils n'auront qu'à être juste un peu plus riches, c'est tout. D'ailleurs, cela existe déjà.

Alors, que va-t-il se passer pour l'air dans les cinquante années qui viennent ? On parie ? Moi, je tiens qu'on l'achètera. C'est déjà le cas pour les aliments et l'eau, encore gratuits il y a deux siècles, et aussi pour les soins par les plantes devenus les médicaments. Nous allons voir le prix des combustibles exploser, et, pour les jeunes gens qui grandissent aujourd'hui, il est clair que tout se paye, nous le leur répétons assez. Ce qui paraît effarant à une génération, la suivante en fait souvent, de gré ou de force, son ordinaire.

Évidemment, avec la fin de l'utilisation des combustibles fossiles et la politique mondiale de l'eau qui est débattue actuellement, de nouvelles voies, écologistes, seront peut-être prises. Déjà l'information sur l'effet de serre et les pluies acides a fait prendre conscience de la nécessité de soigner notre atmosphère. Mais on peut parier que le nettoyage des fumées laissant un air meilleur, certains se sentiront aussitôt autorisés à polluer d'une autre manière. Question de seuil de tolérance du public.

Les pays dominants trouveront les moyens pour se mettre, eux, à l'abri de la menace. Ils ont déjà prouvé leur égoïsme en matière d'environnement, comme ils le font en matière d'exploitation des ressources, depuis les ruées vers l'or jusqu'aux répétitives ruées vers le pétrole, coupables à elles deux de plusieurs dizaines de millions de morts en cinq siècles. Sans parler des exploitations sauvages de la forêt, de la razzia fatale aux ressources de pêche (n'en reste plus que dix pour cent par rapport à 1950), de l'exploitation féodale et colonialiste du cacao, de la banane, du coton, des minerais, de l'or, des phosphates, etc.

Tant que nous nous en sortons bien, nous préférons habituellement ignorer ce qui se passe chez les autres, même si nous savons qu'ils ne disposent d'aucune de nos solutions et que les conséquences sont terribles. Notre généreux slogan "Liberté, Égalité, Fraternité" ne retient plus que le principe de notre liberté et devient peu à peu le cynique "Liberté de ne pas être l'Égal de mon Frère". À moins que… à moins que nos consciences, justement, n'évoluent assez pour que cette barbarie politique nous semble enfin un jour inacceptable et irrationnelle.

En attendant, nous cherchons à vivre dans un air propre et, concrètement, tout ne dépend pas de la conduite du monde : nos habitations elles-mêmes peuvent contaminer l'air ambiant ou nous faire pâtir d'une mauvaise aération. Environnement ou pas, le rapport de l'air et de l'habitat demande réflexion, aussi bien pour vivre sainement que pour éviter de polluer.

Mais le sujet est encore méconnu du grand public, qui s'intéresse aux grands phénomènes atmosphériques et climatiques sans s'inquiéter des pathologies aux sources plus proches.

Ah, si ! Les acariens…
La chasse aux acariens fait des ravages. Elle permet de vendre de nouveaux produits et des aspirateurs plus puissants, elle détourne l'attention des véritables origines de l'asthme, perpétue l'utilisation de moquettes synthétiques, etc.

Pourtant les acariens existent depuis toujours et, habituellement, une maison normale ne leur permet pas de se multiplier. Un appartement tout en béton et synthétique, si ! Humidité, chaleur, manque d'aération, là ils prolifèrent et nous agissons encore une fois comme avec la médecine et la sécurité publique : éradiquer le symptôme, point. Pourtant la prolifération des parasites est le signe d'un déséquilibre, comme toute maladie. Trop d'acariens, c'est trop d'étanchéité et trop de chaleur avant tout, comme les boutons de fièvre sont souvent des repas trop riches ou bien les caries, trop de sucre. En réalité, ce sont les déjections des acariens qui sont toxiques et le meilleur moyen de les éliminer est encore de secouer et d'aérer la literie, ce qui la sèchera aussi de l'humidité de nos corps, milieu préféré des acariens. L'utilisation de l'aspirateur, en particulier sur les moquettes, provoque une dispersion des allergènes et, justement, les crises d'asthme surviennent le plus fréquemment à la suite d'une grande opération de nettoyage.

N'oublions pas : en luttant contre les acariens, on fait place à leurs proies. C'est comme dans l'élevage : lutter contre une maladie qui se répand dans une porcherie confinée, c'est s'assurer d'une autre épidémie juste après. Les acariens ont un rôle capital : ils mangent nos peaux mortes. Si nous les supprimons, ce sont six à dix kilos de squames par an et par personne, dix pour cent de notre poids, qui traîneraient dans nos logis, avec la certitude d'autres nuisances : putréfaction, infestation microbienne, pullulement d'insectes, mauvaises odeurs. Merci donc aux acariens pour leur participation à l'équilibre des biotopes que sont nos lieux de vie. N'en faisons pas les boucs émissaires de logements mal foutus.

 

 

 
 

 


 
 
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