Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Le torchis

Le torchis, lui, apporte l'isolation thermique en plus des qualités intrinsèques de la terre crue. Par un mélange avec de la paille, du foin ou tout autre débris végétal adapté, on fabrique un matériau plus solide que la terre crue seule car les fibres mélangées arment la terre comme des fers arment le béton. On obtient par ailleurs un matériau qui renferme l'air des tiges végétales et qui isole des températures extérieures. Mais le torchis ne prétend qu'au remplissage et ne peut suffir à édifier une habitation. Contrairement au pisé, le torchis, lui, a besoin d'une structure, en bois ou en blocs monomurs, car il ne peut soutenir une toiture, ni même rester durablement debout tout seul.

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Photo Gérald Hadelin : torchis en cours de pose


~ Par les écrits de Gérald Hadelin, artisan en écoconstruction à Blois, je transmets ici quelques conseils de mise en œuvre : "Le torchis ne se travaille qu’en saison humide, au printemps et à l’automne. Il ne peut se préparer en bétonnière car l’argile qui le compose reste collée au fond de la cuve. Autrefois, on extrayait des veines d’argile, on les mélangeait à du végétal (paille ou autre), de l’eau et on foulait ce mélange aux pieds. Aujourd’hui, il existe quelques sociétés qui préparent le torchis avec de grands malaxeurs conçus à cet effet mais la méthode la plus sûre et la plus facile reste le malaxage à la main ou aux pieds dans un bassin creusé au sol ou dans de très grands récipients ouverts, genre vieille baignoire, abreuvoir à vaches ou petit lavoir en ciment.
Il s’applique toujours dans une structure en bois, que ce soit des colombages apparents en chêne, des colombages cachés en divers bois plus tendres ou encore dans un concept moderne d’ossature. Pour une bonne tenue du torchis, les bois de la structure sont réunis par des lattes appelées éclisses, en châtaignier ou en chêne, espacées d’une largeur de main, autour desquelles on applique le torchis. Puis on remplit les espaces vides entre les éclisses pour former une surface compacte. La réalisation est identique pour les plafonds et planchers entre solives. En Picardie, les murs en torchis sont fréquemment réalisés avec des éclisses de part et d’autre des montants. Elles sont même encastrées une à une dans ces pans de bois en cas de colombage apparent. Sinon, elles sont simplement appliquées de chaque côté lorsque le torchis recouvre le tout. Le torchis est appliqué sur le mur tout en laissant une lame d’air d’environ deux centimètres en son cœur.
Le torchis peut rester apparent en intérieur. Par contre, il est nécessaire de l’enduire à l’extérieur pour éviter des dégradations. Pour cela, une préparation du mur devra être effectuée. Après séchage du torchis, on peut appliquer un enduit à base d’argile fine, de sable, de chaux aérienne, de chaux hydrofuge et de fibres végétales hachées. La coloration de cet enduit peut aller du crème à la couleur terre, en passant par des pigmentations d’ocre si on le désire."


~ Le torchis a été très employé dans la construction. Les murs de la classique maison à colombages sont le plus souvent comblés en torchis, parfois avec des pierres, des galets ou des morceaux de briques dans leur partie basse, pour consolider leur assise et minimiser les infiltrations d'eau.


~ Très souvent, et particulièrement avec les grandes sufaces, le mur ou la cloison en torchis demande une armature interne. Pour cela, on fixe de fines branches, des baguettes, éclisses, ou planchettes refendues au centre de l'épaisseur du mur, un rideau en quelque sorte. Il peut d'ailleurs être acheté tout prêt, en osier ou en roseaux. Ce rideau végétal doit être suffisamment troué d'intervalles pour que la terre passe facilement au travers et se colle à elle-même sur les deux faces. Le rideau sert à s'appuyer pour l'application du torchis et constitue une armature du mur qui le rend solidaire en son entier. C'est une technique héritée de plusieurs millénaires et nous avons vu que les Francs la nommait "bast", d'où, ensuite, le mot "bâtiment". Elle évite l'emploi de grillage à poules, grillage métallique qui aura forcément des influences électromagnétiques.


~ Avec le torchis, le temps qui est pris en plus pour l'édification des murs est compensé par le temps gagné en pose d'isolant. Et puis son séchage est assez rapide, contrairement aux briques de terre massives qui rendent la maison humide pendant plusieurs mois.


~ À propos de séchage, les retraits sont habituels et des interstices apparaissent souvent entre le torchis et la structure. Il faudra les boucher avec soin ultérieurement, avec un torchis bien souple et riche en paille.


~ Le torchis est une solution de construction aussi valable aujourd'hui qu'hier et qui reste financièrement et écologiquement très économe. À condition de mettre les torchis à l'abri des intempéries, voilà une technique quasi irréprochable et qui apporte aux habitants un confort naturel évident.

 

 
 

 

 
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