Editions de La Pierre Verte

Tout sur l'Ecoquille

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Non au nuke !!
L'ÉNERGIE, QUESTION CRUCIALE

 
L'électricité : pour moi, ce serait la meilleure énergie si son origine n'était que photovoltaïque, solaire thermique passive ou bien éolienne, à savoir strictement et éternellement renouvelable et naturelle. L'électricité hydraulique, elle, est plus contestable en ce qu'elle provoque, par la création d'ouvrages artificiels et par les lâchages d'eau brutaux, des perturbations de terrains, de la faune et de la flore, des nappes et cours d'eau, de l'agriculture locale et donc des hommes.
 
Principale difficulté, le stockage.
Principal inconvénient, mais il est de taille et la condamne en bloc : l'électricité française est produite par l'explosion contrôlée d'une réaction atomique en chaîne. Quant à l'électricité issue des centrales au gaz ou au fioul, elle pollue l'environnement et gaspille des ressources de plus en plus limitées.
 
Dommage, car l'électricité est une belle invention. C'est propre en soi, silencieux, simple, efficace, une vraie fée.
 
 
Non, non et non au nucléaire
 

L'utilisation de la fission nucléaire des atomes pour chauffer la vapeur d'eau des turbines des centrales électriques ou des moteurs de sous-marins augure de bien des problèmes. En dehors de l'augmentation constante de la radioactivité ambiante dans notre pays, qui commence à provoquer de nouvelles maladies dites de civilisation, le problème du stockage et de la dangerosité des déchets reste entier. Quant à la survenue d'un accident majeur dans une centrale, c'est un scénario d'horreur à la mesure de la démence des apprentis sorciers qui ont décidé d'exploiter l'atome. Et puisque j'ai ma petite maison d'édition écologiste, l'occasion est belle de faire ici quelques rappels sur les risques que présente l'exploitation de l'énergie des atomes.

Rappelons par exemple que nos chères centrales produisent un kilo de déchets atomiques par an et par Français, soit soixante mille tonnes chaque année, depuis trois bonnes décennies déjà. Ces deux millions de tonnes de déchets sont infiniment dangereux et on ne peut que les trier, puis les stocker dans des containers qui ne devront jamais se rapprocher les uns des autres, et attendre l'éternité dans notre sous-sol. Car…

Pourquoi c'est pire

… la radioactivité est un phénomène de la nature encore plus incontrôlable que le vent. Roselyne Bachelot est totalement ignorante ou de réelle mauvaise foi lorsqu'elle assure que la science trouvera la solution, puisque c'est physiquement impossible. Hubert Reeves, qui s'y connaît assez bien lui, explique que pour faire disparaître de la matière radioactive, il faut la fusionner avec de l'antimatière, c'est tout mais c'est impensable. Théoriquement, on pourrait fabriquer quelques kilos d'antimatière dans un cyclotron qui devra alors avoir la taille de notre galaxie, la Voie Lactée ! Vous imaginez ? Aujourd'hui, le nucléaire est le fait de technocrates inconscients, le nez dans leur guidon, incapables de prendre le moindre recul sur la réalité de ce qu'ils font tant cette industrie est le fait de spécialistes dûment cloisonnés et au plus mal informés, comme dans l'armée, comme dans le film Cube. En chœur avec la ministre, ils répètent la litanie habituelle du choix entre le nucléaire et la bougie car, en effet, ils ont lu "Le Meilleur des Mondes", dans lequel Aldous Huxley écrit en 1932 que soixante-deux mille répétitions font une vérité.

… la radioactivité est, dans de nombreux cas, très lente à se dissiper. Les radioéléments ne meurent pas, ils décroissent. Un matériau radioactif perd la moitié de ses atomes en un laps de temps précis, variable selon le matériau, quelle que soit sa quantité. C'est la période, ou demi-vie, de l'isotope. Comme lorsqu'on coupe un gâteau en deux, puis en deux, puis en deux, etc. Un gramme de radium-226 connaît trente-sept milliards de désintégrations à la seconde, de sorte qu'au bout de mille six cents ans, il n'en reste qu'un demi-gramme. La demi-vie du carbone-14 est de cinq mille sept cent trente ans, ce qui est pratique : lors d'un feu, du carbone-14 est produit. S'il a perdu les trois-quarts de ses noyaux, c'est qu'il a onze mille quatre cents ans. Si ce sont les sept-huitièmes, il a vingt-deux mille huit cents ans, etc. Pour les isotopes radioactifs employés par les médecins dans le traitement des cancers, la période est généralement de trois ans. Ils sont donc moitié moins nocifs en trois ans, le quart en six, le huitième en neuf, le seizième en douze, etc. En fonction de leur quantité bien sûr, car l'existence de beaucoup de déchets, même à faible activité, reste quand même dangereux. Certains isotopes ont une période courte, du quantième de milliardième de seconde à quelques jours, et ils deviennent rapidement inoffensifs, à condition de ne pas s'exposer de trop près. Les gaz radioactifs, comme le radon, durent peu, certes, mais pénètrent loin à l'intérieur des poumons, par exemple.

Nos centrales électronucléaires produisent de très importantes quantités de césium-137, période trente ans, et de strontium-90, période vingt-huit ans et demi, qu'edf empêche de s'échapper. Ils sont très énergétiques et constituent la principale menace des centrales. De son côté, le tritium fuit, parce que c'est comme ça, il passe au travers des protections, et on en retrouve beaucoup dans les effluents rejetés. Aussi le SCPRI et EDF omettent-ils de publier tout chiffre à son sujet. Le tritium se fixe volontiers dans la peau des raisins, ce qui inciterait à éviter certains vins et à choisir le raisin de table d'Italie, pays équipé de six petites centrales nucléaires seulement. Nous reparlerons des risques de l'eau tritiée dans la partie sur l'eau.

Le plutonium des bombes atomiques n'existe pas à l'état naturel et il a une période de vingt-quatre mille ans. Il est très énergétique et dangereux. Il faudra donc cent mille ans pour qu'il ne reste que le quart de ce dangereux matériau inventé et produit artificiellement par les humains. L'uranium-235, lui, qui sert à notre production d'électricité, a une demi-vie de sept cent mille ans ! Plus radioactif encore, un autre transuranien, le plutonium-238, dont la période de quatre-vingt-dix ans ne doit pas cacher la dangerosité. Il y a en effet six cent vingt kilowatts/heure dans un seul gramme de cet isotope, l'énergie électrique employée par une personnne en France pendant plus d'un mois. Quant à l'uranium-238, il a une demi-vie de quatre milliards cinq cents millions d'années, l'âge de la Terre justement. Il en subsiste donc la moitié de ce qu'il y avait à l'origine. Il serait intéressant de calculer de combien de millénaires les machinations humaines civiles et militaires ont fait revenir la planète en arrière sur le chemin de la décroissance naturelle de la radioactivité qui a permis à la vie d'éclore. D'une braise qui couvait à feu doux depuis la nuit des temps, on a fait des centaines de nouveaux foyers.

… la radioactivité est ce qu'il y a de plus contagieux. Pourtant, pour stopper les rayonnements alpha, gamma ou neutronique, il suffit d'une simple feuille de papier. Le problème vient de ce que la feuille de papier devient immédiatement radioactive, elle aussi. Alors on peut prendre toutes les protections que l'on veut, ce sont ces dernières qui deviennent rayonnantes à leur tour. Ainsi en est-il pour le réacteur de Three Miles Island aux usa, dont le cœur a pratiquement fondu le vingt-huit mars 1979. Après dix ans de travaux de décontamination, la quasi-totalité du combustible a été retiré. En enterrant le réacteur à faible profondeur pendant trente ans, les responsables étasuniens attendent une réduction de moitié de la radioactivité du césium-137 encore présent. Ensuite, vers 2030, la centrale devrait être exhumée, puis traitée chimiquement jusqu'à disparition quasi complète de la radioactivité du césium. Pour celle d'autres radio-éléments, on ne sait pas… Aujourd'hui, le sarcophage de protection transpire une radioactivité intense. On continue à le recouvrir de nouvelles couches mais elles ne sont efficaces qu'un temps. Sera-t-il démantelé et transporté ailleurs ou bien servira-t-il de site-poubelle pour les déchets ultimes de l'industrie ? Restera-t-il zone interdite pour l'éternité ?

… la radioactivité est ce qu'il y a de plus dangereux. Elle nous atteint comme la lumière, de partout autour, en contaminant tout. Sachez qu'il faut dix mille grays (le gray est une unité de mesure de la radioactivité effectivement reçue) pour tuer un virus, sept cent cinquante pour un scorpion, cent vingt pour un escargot, trente pour un triton mais il suffit de cinq grays pour tuer un être humain. Nous sommes fragiles. Plus la vie se complexifie et se diversifie, plus sa vulnérabilité aux radiations est grande. Plus un tissu est jeune et peu différencié, plus il est radiosensible et les fœtus sont les premières victimes du rayonnement atomique. Les naissances qui ont suivi l'attaque des habitants d'Hiroshima et Nagasaki par l'armée étasunienne ont montré de très nombreuses microcéphalies ou retards mentaux. Au sujet de la bombe A d'ailleurs, la relation entre l'irradiation et différents cancers de la thyroïde, des poumons, des seins, de l'estomac, etc, est bien établie mais, récemment, une équipe de l'université de Nagasaki a étudié les cancers de la peau. En fait, ces cancers augmentent depuis 1965, vingt ans après l'explosion, chez les survivants de la région. Les chercheurs ont mis en évidence une relation directe entre le taux de ce cancer et la distance par rapport au lieu de l'explosion. 

 

Mourir irradié


Les premières manifestations d'une irradiation excessive sont des érythèmes tout d'abord, qui apparaissent comme des coups de soleil spontanés, puis très vite la cataracte qui rend aveugle peu à peu, suivie du blanchissement, puis de la perte des cheveux. Stérilité temporaire ou définitive, empreintes digitales qui s'effacent et nausées surviennent dans la foulée. Des occlusions intestinales et des leucémies se déclarent rapidement, suivies d'autres cancers dans tous les organes exposés, à commencer par la thyroïde qui fixe l'iode avec une grande appétence, qu'il soit radioactif ou non. Les cancers de la thyroïde ont été multipliés par trois en France depuis la catastrophe de Tchernobyl et les malades opérés ne survivent que grâce à l'absorption ad vitam æternam de leur comprimé quotidien de lévothyroxine, des hormones de porc, un médicament qui connaît une progression continue de dix-huit pour cent par an entre Tchernobyl et 2013, passant de la vingt-cinquième à la septième place au palmarès des meilleures ventes pharmaceutiques. Près de 3 millions de français en prennent chaque jour et jusqu'à la fin de leur vie. De façon globale, le rayonnement ionisant perturbe instantanément les organes sensibles comme la moelle osseuse qui fabrique les globules rouges, d'où les leucémies, ou bien les systèmes digestif, lymphatique et nerveux central.

Et puis, il y a aussi les perturbations de l'ADN, modifié par le rayonnement, qui génèrent elles aussi des cancers et provoquent des malformations fœtales. Aux alentours de Tchernobyl ont été observées des horreurs vraiment gore. Et puis il y a tout ce que l'on ne sait pas encore : l'accumulation de petites doses dont l'effet à terme n'est plus nié, la concentration dans les plantes comestibles comme les champignons, le thym, etc, ou dans des lieux particuliers, sols argileux et eaux souterraines, la destruction d'espèces sensibles, la perturbation de la physique de l'eau, les mutations chez les animaux ou les insectes. Imaginez que de nouvelles fourmis de vingt centimètres de long apparaissent !

Il faudrait étaler sur quatre générations au moins les observations des effets de la radioactivité sur notre santé et celle de nos descendants. Or, depuis que le nucléaire militaire ou civil est entré dans notre vie, aucune enquête médicale d'envergure n'a entrepris d'étudier les populations vivant à proximité des quelques quatre cents réacteurs qui ont surgi sur la planète. Quoi qu'il arrive, les prochaines générations nous reprocheront cet aveuglement criminel.
 
 




 
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