Editions de La Pierre Verte

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La cuisson solaire

Il est facile de contribuer à une gestion écologique de nos activités. Suffit de savoir… Le cuiseur solaire en est une illustration parlante. Qui connaît réellement ce système révolutionnaire de cuisson grâce à l'énergie du soleil ? Si son usage peut paraître aléatoire dans nos contrées, il devrait être beaucoup plus répandu dans les pays du Sud, puisqu'il s'avère capable de remplacer quasi intégralement l'usage du bois pour la cuisson des aliments et la potabilisation de l'eau. Deux milliards d'hommes sont aujourd'hui tenus à la cuisson au bois, contre cinq cents millions en 1980, et la progression alarmante de la population mondiale augure le pire des scénarios durant ce nouveau siècle. Actuellement, deux cents nouveaux Terriens naissent chaque minute, tandis que vingt hectares de forêts sont perdus dans le même temps.

Petit exposé édifiant : dans ces pays, une famille consomme en moyenne quatre tonnes de bois par an pour la cuisson et l'utilisation d'un cuiseur solaire permet d'en économiser plus de la moitié. De plus, pour chaque famille et chaque semaine, ce sont quinze heures de travail et le portage de quatre-vingts kilos de bois qui sont évités, aux femmes et aux enfants le plus souvent, les laissant libres pour cultiver leur terre ou se cultiver eux-mêmes. L'usage actuel du bois pour la cuisson entraîne la déforestation annuelle d'une superficie comme celle de la Belgique, alors que l'énergie fournie par ce bois pour chaque famille est inférieure à celle offerte gratuitement par le soleil, au sol de ces pays, sur un carré de quatre mètres de côté !

Mais il ne s'agit pas que d'un bilan énergétique. En effet, la cuisson solaire évite les fumées et donc certaines maladies des yeux et des poumons, comme celles du dos dues au portage durant toute une vie. Sur le plan environnemental, elle permet une réduction du déboisement et de l'érosion des sols, une diminution de l'effet de serre, une meilleure utilisation de la biomasse, herbes et bouses, qui restent disponibles comme engrais naturels. Économiquement, elle réduit les dépenses des plus pauvres puisque, dans les banlieues des villes du tiers monde, les gens payent leur bois ou le gaz en bouteilles. La cuisson solaire permet également d'espérer un peu d'emploi local pour la fabrication des appareils.

Le soleil peut sauver des milliers de vie. Dans les pays en voie de développement, la plupart des maladies sont causées par l'eau de boisson et de lavage polluée, en particulier par les germes fécaux. Il faut dire que quatre-vingt-dix pour cent des eaux usées sont rejetées sans traitement. Un milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable et l'oms estime que deux millions d'enfants de moins de cinq ans, et beaucoup plus d'adultes, meurent chaque année de diarrhées dues à l'eau contaminée. L'ébullition de l'eau coûte cher en combustible et, si c'est du bois, dégage de la fumée, entraînant pollution et déforestation, puisqu'il faut un kilo de bois pour faire bouillir un litre d'eau. Au Pérou, il y a dix ans, une grave épidémie de choléra fit de nombreuses victimes et le gouvernement ordonna aux habitants de faire bouillir l'eau de boisson pendant dix minutes. Cette mesure a coûté environ le tiers du revenu des familles les plus modestes. Si l'ébullition de l'eau est efficace, elle n'est pas nécessaire. Il suffit de chauffer l'eau à soixante-cinq degrés centigrades pendant six minutes ou bien à soixante-douze degrés pendant trente secondes pour tuer les virus et les microbes les plus fréquents. C'est la pasteurisation. Pasteuriser l'eau au lieu de la faire bouillir permet d'économiser la moitié du combustible habituel, cent pour cent avec le soleil… Un simple cuiseur solaire en bois ou en carton avec un vitragepermet ainsi d'obtenir douze litres d'eau potable par jour, la boisson pour six personnes.

L'association Bolivia Inti est connue pour son dynamisme et ses nombreux adhérents. Elle organise de nombreux stages en Amérique du Sud ou en Afrique du Nord pour permettre à des femmes de construire leur propre cuiseur solaire et de bien l'utiliser. La réussite de ces expériences a conduit Bolivia Inti à développer ses projets. Ce sont plus de deux cents cuiseurs qui ont été fabriqués l'an dernier, et ce sera peut-être mille si un mouvement de fond se développe, avec l'aide des instances de coopération internationale. Pour l'y aider, chacun peut acheter un cuiseur préfabriqué qu'il suffit de monter chez soi pour profiter de la cuisson la plus économique qui soit. De l'eau chaude pour rien, des plats mijotés, des gâteaux à cent cinquante degrés pile-poil, cette cuisson ayant l'avantage de préserver vitamines et arômes. Le soleil n'a pas besoin d'être rayonnant, on peut faire bouillir de l'eau même par temps nuageux. Pour cent cinquante euros, Bolivia Inti vous cédera un cuiseur et le bénéfice de l'opération sera intégralement transformé en d'autres cuiseurs solaires installés dans les Andes. Pour trois cents euros, l'association vend des paraboles de cuisson de sept cents watts, qui permettent la friture à deux cents degrés et portent une casserole à ébullition en un quart d'heure.  

 
 
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